L’Indépendant chute de 14,1% en 4 ans

indep1 copieCe week-end, l’orage et le ciel indécis ont invité Le Bourricot à scruter les chiffres de ventes de la presse régionale. Le brave âne imaginait l’ennui, il s’est mépris. Que de surprises ! La crise est générale, les journalistes se plaignent, le magazine L’Express licencie, bref, rien ne va plus dans les gazettes, hebdomadaires et mensuels old school. Partout, on publie des sujets de plus en plus people, de moins en moins fouillés, mais les titres compensent la vacuité des contenus. Les analystes le savent, Internet nous fait changer d’époque et ce n’est pas plus mal : un tweet en direct de quelque part, après tout, c’est la théorie « du producteur au consommateur », reconditionnée en « Circuits courts » et « kilomètres zéro ». L’information sans intermédiaires est possible, mais le risque est de diffuser le pire, dans une pagaille montre. La presse s’affole, elle souffre et tente sa mue.

A Perpignan, qu’en est-il de l’Agence France France locale, c’est-à-dire le vénérable Indépendant ? Ça ne va pas très fort. Le très officiel OJD, dont le rôle est de mesurer avec justesse l’audience des publications en fonction de leurs ventes réelles, est formel : L’Indépendant vendait 60 119 exemplaires quotidiens en 2011 et n’en vend plus que 51 688 en 2014-2015. Et encore, les chiffres relatifs au second semestre de l’année courante ne sont pas connus. Le recul est de 14,1 %, autant dire une catastrophe pour une entreprise. Pour vérifier, ne lisez pas L’Indépendant, qui ne parle jamais de son état de santé, préférez la prise de température par l’OJD. Ce rythme de 14,1 % inquiète le journal favori de Cerbère à Enveitg. En guise de remède, il tente de booster son audience internet en jetant n’importe quoi sur ses pages. Une vraie poubelle numérique, qui le discrédite : « Un prête homo du Vénézuela adopte un enfant autiste », « Un habitant d’Estagel récolte une citrouille de 59 kilos », « A 72 ans, elle  accouche de triplés en Inde » etc. Le principal est que l’info soit grosse, grossière, grossie. Cela ne sauvera pas le le vieux journal qu’on aime encore, parce qu’il paraît aussi vieux que le Castillet.

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