le 3 Mai 1936 la gauche faisait rêver … elle n’a pas changé depuis …

L’état de la France aujourd’hui, est en recherche d’exemples dans le passé.  Se retourner sur l’histoire est peut être une façon qui permet d’ exorciser le présent en essayant de comprendre le passé.   Essayons ce petit exercice aujourd’hui le 3 Mai 2016, jour du 80eme anniversaire de la ‘victoire’ du Front Populaire le 3/05/1936.

Rappel du célèbre 3 Mai  1936,  il y a 80 ans. D’abord le rêve puis le cauchemar !

A le F PLe 3 Mai 1936 (il y a juste 80 ans) se déroulait le deuxième tour des législatives. Comme le premier tour l’avait laissé entrevoir, c’est la coalition dite « Front Populaire » composée du parti communiste de Maurice Thorez, du parti socialiste de Léon Blum et, du parti radical-socialiste d’Édouard Daladier qui remporte le scrutin.  Le leader de cette ‘coalition’ des 3 partis, était le charismatique socialiste, Léon Blum  alors âgé de 64 ans.

Suite au Krach boursier de wall street en 1928 la crise économique mondiale qui s’ensuivit toucha la France dés 1931.  C’est le contexte de crise économique et la dramatique journée d’émeutes menées le 6 février 1934 par les ligues de l’Action Française, qui poussèrent la SFIO et le PCF à se rapprocher dans l’optique de créer une force électorale commune pour les élections . Ils furent suivis dés juillet 1935 par le Parti Radical d’ Edouard Herriot.

Le défilé du 14 juillet 1935 revêt un caractère spectaculaire symbolique et fédérateur de cette démarche ‘unitaire’.   Défilent ensemble pour la première fois les Socialistes de la SFIO, les communistes du PCF et les radicaux du Parti Radical Socialiste. Ils sont accompagnés dans le cortège des syndicats ouvriers d’alors, CGT; CGTU, CVIA . et de la ligue des droits de l’homme qui défile avec eux.   C’est d’ailleurs le Président de la Ligue des droits de l’Homme qui est désigné pour établir et diriger un ‘comité national pour le rassemblement populaire’, chargé d’élaborer un programme commun et les accords réciproques de désistement dans la perspective des élections législatives du printemps 1936.

A la chambre 36Le programme élaboré par cette commission était soutenu par un slogan dont la naïveté éclate aujourd’hui aux yeux de tous  » Pain , Paix , et Liberté  » la suite de l’histoire démontrera qu’aucun de ces trois objectifs ne fut atteint, et ce fut même le contraire qui se produisit.

Le 4 Mai victoire législative en poche, soutenu par 386 des 608 députés,  le 1er gouvernement du Front Populaire se met rapidement en place. Il était alors le 1er gouvernement de la III éme République, dirigé par la ‘Gauche’.  Il est dirigé par le socialiste Léon Blum qui est nommé Président du Conseil par le Président de la République Albert Lebrun le 4 Juin 1936.

Le gouvernement Blum est composé de 20 ministres Socialistes et 13 radicaux; Les Communistes pour leur part choisissent stratégiquement de soutenir sans participer au gouvernement.

Avant même la mise en place du gouvernement en juin divers mouvements de grève se multiplient et des manifestations politico syndicales fleurissent. On assiste notamment au rassemblement du 24 mai 1936, qui a rassemblé 600.000 participants, en souvenir de la Commune de Paris, brandissant des drapeaux rouges et chantant des hymnes révolutionnaires.   Rapidement le nombre de mouvements de grève se multiplie, ainsi que les occupations d’usines et d’ateliers.  On assiste même aux première contestations du  principe de la propriété privée des moyens de production.  Une sorte de climat revendicatif  révolutionnaire joyeux se généralise, d’une façon totalement inconsciente en suite du scrutin du 3 Mai ayant vu la victoire du « Front Populaire« .  Le climat qui règne déborde les organisations syndicales et politiques et s’instaure une sorte d’atmosphère révolutionnaire semi anarchiste.

Mis en place le 4 juin c’est dés le 7 juin que le gouvernement organise la signature des accords de Matignon, entre les syndicats, le patronat, et le gouvernement.  Fut accordée à cette occasion une augmentation générale des salaires en moyenne de 12%.   Le parlement légiférait également l’instauration de la semaine de 40 heures en remplacement de celle des 48 heures, et l’instauration de deux semaine de congés payés.

Plus tard dans son livre  » Histoire économique de la France entre les deux guerres » le Catalan natif de Villeneuve de la Raho, Alfred Sauvy célèbre Economiste et Démographe, rappellera ses critiques du passage aux 40 heures, comme étant une décision « bloquant une économie en pleine reprise qui est l’acte le plus dommageable commis depuis la révocation de l’Édit de Nantes »

En juillet 36 le gouvernement fit voter les lois sur la mise en place des allocations chômage, et une politique de nationalisations d’envergures fut mise sur pied, dans l’industrie aéronautique, l’industrie d’armement , dans les chemins de fer qui vit la naissance de la SNCF dés 1937. La Banque de France évita la nationalisation mais fut mise sous la tutelle de l’État.

Très rapidement les limites du rêve se fracassèrent aux dures et intangibles réalités économiques.  Le Front Populaire ne parvint pas à relancer la production, par la consommation, ni à réduire le chômage.  La hausse des prix annula très vite celle des salaires accordée aux accords de Matignon.  Dés l’automne 1936 l’enchantement du gouvernement laissa la place à de dures critiques populaires.  La monnaie, le Franc est massivement dévalué en septembre 36.  En Février 37 le gouvernement décide d’effectuer une pause dans les réformes prévues.  L’ importante réforme des retraites est alors abandonnée. Cela cause une vive réaction des ‘frondeurs’ de l’époque et fait tanguer le groupe majoritaire..

Le 21 juin 1937, le premier gouvernement Blum présenta sa démission, et est remplacé par le gouvernement Présidé par le Radical Camille Chautemps qui reprit, à un rythme encore plus ralenti, les réformes du programme élaboré par le Front populaire.

Le 9 mars 1938 le parlement refusait les « plein pouvoirs » qu’avait demandé Camille Chautemps en raison de l’aggravation de la situation économique et du déficit budgétaire abyssal.  Suite à ce refus Camille Chautemps démissionnait.

Léon Blum forma un éphémère gouvernement, mais dut démissionner aussi sec, lui aussi, n’arrivant pas à obtenir les pleins pouvoirs financiers qui lui étaient indispensables, dans le but d’appliquer de grandes réformes financières.

Edouard Daladier (radical) remplaça, le très éphémère 2eme gouvernement Blum, bien  décidé à « remettre la France au travail »  Il  revint sur plusieurs réformes accordées par le Front populaire,  qu’il annule, et il signe «la fin de la semaine des deux Dimanche », qui rétablit de fait  le retour aux 48 heures.  Cela  généra une très forte opposition syndicale et politique, avec grèves et manifestations. La répression qui s’ensuivit, avec licenciements massifs et nombreuses arrestations, marqua la fin de l’alliance  constituant le  Front populaire.

Fin d’un rêve qui prétendait fournir aux Français  » Pain , Paix et Liberté  »  La réalité économique s’impose, qui ne peut distribuer que les gains qu’elle a produit.

Le contexte Européen, la guerre d’Espagne débutée en 1936, Mussolini au pouvoir a Rome et Hitler a Berlin, rendait encore plus dangereuse la faiblesse économique et politique de la France.

Tour ceci avait commencé un 3 Mai 1936, il y a 80 ans aujourd’hui .  La suite on connaît 1939 / 1945  la guerre ..et la fin du rêve Paix, Pain et Liberté.  Les 3 valeurs affichées s’envolent avec le rêve.

a FranceDécidément c’est une marotte au PS de faire rêver par les mots et les ‘programmes’.  Déjà pour son retour au pouvoir en 1981 toujours en association avec le PC et les radicaux , Mitterrand avait inventé les 101 propositions comme programme dit ‘commun’ .  Combien en ont été réalisées pleinement. Par la suite quid de la retraite à 60 ans dont on se rend bien compte aujourd’hui qu’elle n’est économiquement pas tenable, et sur laquelle le PS lui même revient sans le dire ouvertement. Quid également des des 35 heures infligées par démagogie électoraliste, plus qu’à la demande des salariés eux même. Réformes  qui ruinent et handicapent le pays,  comme les 40heures en 36.

Aujourd’hui après le rêve de 2012 que reste t’il du « Moi Président »  ? sinon le désenchantement  !

Décidément le couple PS + PC + PRG  auxquels s’ajoutent a présent la troupe disparate des écolos ‘de gauche’, est un redoutable enchanteur, mais un piètre gestionnaire.    Mais à présent après 1936, 1981 et 2012, les Français semblent s’en être rendu compte.   Il est vrai que 3 exemples, même espacés dans 80 ans d’histoire, cela marque quand même les esprits ..  Fini de rêver !  Mais d’autres ‘Fronts’ essaient de maintenir le rêve, ce sont eux aussi de redoutables enchanteurs démagogues, le Front National et le Front de Gauche.  Faut vraiment ne rien avoir dans la tête pour encore parler de ‘Front

 

 

 

 

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