Jeudi c’est la Fin d’un malentendu ! … qui dure depuis 43 ans

malentenduEt oui il aura fallu que Cameron se laisse aller a une astuce électorale lui faisant promettre lors des élections législatives passées l’organisation d’un référendum sur le maintien du royaume uni en Europe, dans le cas ou il gagnerait les législatives.

On ne sait si cette promesse a contribué a sa victoire aux législatives, le problème c’est qu’ensuite il lui a fallu tenir parole, et organiser ce satané référendum.

Depuis le 1er janvier 1973 avec les Britanniques l’ Europe n’est qu’un ‘malentendu

C’est ce Jeudi 23/06/2016 qui voit le jour décisif pour nos ‘amis‘ grands bretons. Pris d’une subite angoisse David Cameron s’est laissé aller a cette confidence télévisée : «Nous sommes proches de l’une des plus importantes décisions de notre vie».

Certes le 19 septembre 1946, dans un discours resté célère Wiston Churchill parlait des « Etats-Unis d’Europe ». mais depuis cet emportement pro Européen a été fortement nuancé par tous ses successeurs.

L ‘histoire de l’ Union Européenne d’aujourd’hui a commencé par la mise sur pied en 1951 de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier)  L’Europe recherchait alors un modèle d’intégration qui la mettrait à jamais à l’abri d’une nouvelle guerre. L’idée est concrétisée par Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, dans sa déclaration du 9 mai 1950 « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. » appelant à mettre le charbon et l’acier sous une Haute Autorité commune de la France et de l’Allemagne fédérale

Le 25 Mars 1957, à Rome les 6 pays fondateurs de la CECA décident dans un traité d’approfondir leur coopération. dans les domaines économiques, mais aussi politiques et sociaux. Le but est d’aboutir économiquement à un marché commun permettant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux. La Communauté économique européenne (CEE) est née de ce traité internationale, instaurant sur le territoire des 6 pays fondateurs une structure politique de type supranational.

Le 9 Aout 1961, le premier ministre Britannique Harold Macmillan dépose officiellement une demande d’adhésion à la CEE, après avoir pris soin de la faire avaliser  par un vote à la chambre des communes.  C’est au regard avec une certaine envie, de la croissance économique très rapide des pays des 6 pays de la CEE, et en voulant éviter sa mise à l’écart économique et politique de l’Europe qui se construit sous ses yeux, mais tout en voulant conserver son rôle traditionnel d’intermédiaire entre  les Etats-Unis et l’ Europe que la Grande Bretagne postule.   Par deux fois, en 1963 et en 1967 le Général De Gaulle opposera son véto a l’adhésion Britannique.

Pour ceux qui souhaitent voir l’intégralité de la conférence de presse du 14 janvier 1963 : Peut être un peu long, mais tellement historique !  https://fresques.ina.fr/de-gaulle/export/player/Gaulle00085/620×465

En 1965 à Bruxelles est signé le traité qui fusionne les exécutifs des trois communautés européennes (CECA, CEE et Euratom), alors que ces communautés disposent déjà d’institutions communes en matière de justice. Ce traité fait naître la Commission européenne et le Conseil européen.

Le 2 décembre 1969 le véto Français sur l’entrée de la Grande Bretagne en Europe est levé par le Président Pompidou

Le 28 octobre 1971 la Chambre des Communes vote favorablement au principe de l’entrée de la Grande Bretagne dans la CEE

Le 22 janvier 1972 se tient à Bruxelles une cérémonie marquant le dépôt des actes d’adhésion de la Grande Bretagne de l’Irlande et du Danemark .  ( La Norvège qui en avait également sollicité l’adhésion refusera par deux fois d’en concrétiser le vote parlementaire)

Le 17 février 1972 la Chambre des Communes ratifie le traité d’adhésion à la CEE

Le 23 avril 1972 les Français sont consultés par référendum sur l’entrée de la Grande Bretagne à la CEE .  Il obtient 68% de votes favorables.

Le 1er Janvier 1973 La grande Bretagne fait officiellement son entrée dans la CEE

Le 6 juin 1975 avait lieu en Grande Bretagne le 1er référendum pour le maintien ou non dans la CEE .  Il eut alors 67% de votes favorables

Depuis on a certes réalisé un tunnel sous la manche, mais l’Angleterre reste indubitablement une île au large de l’Europe.

Arrivée au pouvoir en 1979 la conservatrice Margareth Thatcher se fait vite remarquer par son appréciation particulière de l’Europe. Elle est en constante demande et se borne qu’a obtenir pour la Grande Bretagne des passe droits, des rabais, ou des baisses de contribution, tout ceci incarné par sa célèbre phrase « I want my money back »  ‘je veux récupérer mon argent ‘  C’est la définition et la conception Anglaise de l’Europe.  De leur côté l’opposition travailliste ne disait guère mieux . En 1983 Michael Foot, le dirigeant du parti travailliste déclarait pour défendre son objectif de sortie de la CEE : « Même si la géographie et l’histoire ont inscrit l’Angleterre en Europe, la CEE n’a pas été conçue pour nous et notre intégration, en tant que membre de la CEE à rendu plus difficile la lutte contre les problèmes économiques et industriels » il expliquait même « Quand nous arriverons au pouvoir, nous ouvrirons des négociations préliminaires avec les autres Etats membres pour établir un calendrier de retrait de la CEE»
La définition précise de l’Europe que souhaitent les Anglais a été donnée dans un discours tenu à Bruges en 1983, ou Margaret Thatcher déclare que la Grande Bretagne refuse toute évolution vers une Europe Fédérale, qu’elle n’entend pas non plus que l’Europe puisse disposer de ressources propres, et qu’elle était particulièrement hostile a l’idée de création d’une monnaie commune.

Depuis ce discours de 1983 les choses sont claires et il a fallu faire avec cet état membre devenu très présent et actif à Bruxelles, notamment pour élargir la communauté Européenne, sans tenir compte des possibilités réelles du moment.

Aujourd’hui dans ce dernier acte, qui scellera quel qu’en soit le résultat, l’histoire de le vieille Europe, la Grande Bretagne rend un service involontaire aux partisans d’une Europe plus intégrée plus unie, plus harmonisée socialement fiscalement, et politiquement, qui pourra et devra se faire avec ou sans la Grande Bretagne, peut être autour de son noyau dur de la zone Euro.

Alors merci messieurs les anglais vous pouvez vous ‘tirer’ les premiers.  L’Europe continuera sans vous ou avec vous, mais maintenant on pourra la réformer pour la rendre plus forte et mieux intégrée.

L’Europe du marché commun simplement basée sur les seuls échanges mercantiles et monétaires contrôlée et dirigée par une armée de technocrates Bruxellois, doit enfin laisser place a l’Europe politique et sociale. Ce n’est qu’a cette condition qu’elle pourra continuer d’exister.  Jacques Delors un des Pères de l’Europe avait lui même posé en 2007 cette question : « Peut-on tomber amoureux d’un marché unique ? »  La réponse est évidemment non, et elle s’exprime par l’Euroscepticisme ambiant.

Le ‘référendum’ de nos voisins d’outre manche ne se joue pas sur ces valeurs, mais peut on faire changer un peuple insulaire au nationalisme exacerbé ?

Messieurs les Anglais, faites comme bon vous semble !

malentendu

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s