Quelle crise cache le PRIX du LAIT

LaitLe géant des produits laitiers Lactalis, ne paie que 257 euros la tonne de lait cet été. ce prix est bien  inférieur au simple coût de production.

Qu’est ce qui a déclenché ce marasme ?    La fin des quotas laitiers en 2015, a autorisé de fait la surproduction.  Elle a été très forte dans certains pays Européens, allant jusqu’à + 18 % en Irlande, + 12 % aux Pays-Bas, + 5 % au Danemark, de + 3 % en Allemagne.  Cette surproduction couplée à la baisse de la demande de Lait en Chine et à l’embargo pratiqué par les Russes depuis 2014 sur les produits agricoles Européens en rétorsion de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne, provoque la surabondance sur le marché laitier qui génère automatiquement la chute des cours.

Plus qu’une chute, c’est un effondrement des prix . 

Avant la fin des quotas laitiers, en 2014, le prix payé aux éleveurs atteignait une moyenne de 365,40 euros la tonne, en 2015 il est passé à 309,10 euros , ce printemps 2016 il était à 277 euros et aujourd’hui fin d’été 2016 il est de 257euros.    Malgré cet effondrement le prix payé aux producteurs Français est encore un des plus élevé d’Europe.  Au niveau national d’autres acheteurs (bien plus petits) paient sur un autre tarif, ce sont Laïta 290€ la tonne, et la filiale d’Inter 300€.

Un bras de fer s’engage entre les producteurs laitiers et le géant Lactalis qui représente la collecte de 20 % du lait  produit en France et 17 Milliards d’€ de CA. dont 75% sont réalisés à l’exportation, hors hexagone. Son Président prétend sans doute a juste titre, qu’il ne peut pas se déconnecter du prix de marché Européen, et mondial sur lesquels il opère.

Les négociations sont rugueuses entre un industriel qui gère une entreprise qui travaille au plan international et les producteurs Français. Jeudi dernier le médiateur des relations commerciales obtenait de l’entrepreneur de relever son prix à 280 euros la tonne. Les producteurs ont rejeté cet accord.  Le lendemain, Lactalis ne proposait plus que 271euros ce qui a mis hors d’eux les négociateurs producteurs qui se sont senti humiliés par ce qui leur parait être une provocation.  Les négociations sont bloquées, et le climat dans les campagnes s’envenime.

La « Loi Française » prévoit bien qu’un rapport annuel soit rédigé par les entreprises sur la ‘responsabilité sociale des entreprises’ mais cette loi Franco Française n’existe qu’ici, et il est impossible de l’imposer au monde, alors en faire porter l’exécution sur une multinationale qui travaille à 75% a l’export est illusoire. C’est une preuve de plus que nos députés législateurs croient que le monde s’arrête a nos frontières, ils oublient qu’il y a aussi l’Europe dans laquelle nos représentants peuvent s’exprimer et essayer de convaincre, et ensuite le monde entier dans lequel la France n’est économiquement et socialement qu’un confetti .

UBU n’est pas mort.   Il a un royaume : La France

En France même nous avons établi au fil des ans, un système commercial qui permet aux grandes surfaces appelées pompeusement ‘grande distribution’ de pressurer les industriel, lesquels par effet domino répercutent sur le producteur.

En simplifiant on peut se permettre de dire,  que la marge que fait grassement la grande distribution dominante sur le dos des producteurs, sera au final compensée par l’impôt (prélevé par l’état) qui permettra de payer une prime au litre de lait ‘non produit’ aux producteurs laitiers.   Drôle de monde commercial que nous avons mis en place !    UBU n’est pas mort !

De son côté l’état, et le ministre de l’agriculture ne peut rien faire, mis a part prier que cela ne s’envenime pas par des manifestations, la France a assez donné au printemps avec la Loi Travail dans ce registre.  La solution c’est de tarir la surproduction, mais elle n’est pas simple a mettre en place et doit pour être efficace obligatoirement s’exécuter en concertation Européenne.

Donner une prime à l’abattage, tarirait certes le flot laitier, mais provoquerait instantanément une crise du prix de la viande, par l’afflux sur le marché.  Le ministère étudie une nouveauté que seuls sans doutes les technocrates Français peuvent mettre en place : Une prime au litre de lait ‘non produit’  …. Vous y auriez pensé vous ?   Eux oui.

Cet automne devrait naître une « marque du consommateur » c’est peut être l’ espoir qu’une alternative est possible, et que les clients consommateurs sont prêts à payer quelques centimes de plus pour permettre la juste rémunération des agriculteurs.  Ce n’est pas qu’une question d’éthique, beaucoup de producteurs qui ne comptent pas les heures et jours de travail sans rémunération espèrent  survivre grâce a elle, en attendant un monde meilleur.

Le LAIT c’est pas le PETROLE c’est nous les producteurs.   Faisons l’OPEL Organisation des Pays Exportateurs de Lait.

Soyez tranquilles, bientôt vous aurez un nouveau supermarché encore plus prés de chez vous …

 

 

 

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