CERET, endormie ou abandonnée ?

Blason de CéretIl en va souvent ainsi, que l’histoire des villes et villages ait un parallèle avec la vie des hommes qui les ont dirigé.  Le lien qui unit certains élus à leur commune est souvent le cordon ombilical qui nourrit la ville au travers du dynamisme, de la clairvoyance et de l’anticipation de l’élu par rapport aux bouleversements qui chamboulent nos territoires.

CERET fière sous préfecture, longtemps 2eme ville des Pyrénées Orientales, pétrie d’histoire et de traditions, porte du Vallespir en est la parfaite illustration, et le dramatique déclassement que subit la ville n’est pas simplement du a sa direction actuelle qui fait son possible, mais tout simplement à la perte de leader ayant une notoriété nationale et une vision globale du territoire.

CERET a longtemps eu la chance d’avoir plus qu’un Maire.   Henri SICRE a porté pendant 20 ans de 1988 à 2002 la casaque de député socialiste en même temps que pendant 18 ans celle de maire de Céret de 1983 à 2001, et pendant 19 ans de 1982 à 2001 conseiller général.     Henri Sicre détient même la médaille du parlementaire des Pyrénées Orientales ayant été le plus longtemps élu au parlement, et sous deux Présidences, de gauche et de Droite.   Ce cumul autrefois autorisé, doit certainement donner une certaine expérience.

Henri SICRE  avec ses trois fonctions, mais aussi une vision rationnelle de l’évolution immanquable qu’allait subir notre département, à tout fait pour en atténuer les effets négatifs, et conserver à Céret le faste qui se doit à la Capitale du Vallespir et des Cerises.

Très tôt Henri Sicre a pressenti que l’attrait de notre département allait générer, avec l’afflux de population, un déséquilibre entre la bande littorale, située entre Méditerranée et l’Autoroute, et l’arrière pays, situé entre l’autoroute et le Canigou.   Très vite il a réagi au mieux afin de donner des atouts à sa ville de Céret et à l’arrière pays.  La réalisation du Musée d’Art Moderne de Céret fait partie de cette démarche.  Il a été le fondateur fédérateur et Président du concept Pays Pyrénées Méditerranée, qui avait pour but de rééquilibrer le territoire départemental, dans l’évolution immanquable et prévisible des années 2000,  par un projet économique, social, culturel durable, sur les 58 communes des Albères, Aspres et Vallespir adhérentes.

Henri Sicre n’à pas été candidat aux élections législatives de 2007, il s’est retiré en retraite méritée à ses 62 ans, après une carrière politique hyperactive.  L’embrouille organisée par la direction du PS local pour barrer la route à Olivier Ferran désigné par Paris pour être son successeur, en présentant contre lui et en maintenant au deuxième tour Pierre Aylagas, a permis à Jacqueline Irles (RPR) maire de Villeneuve de la Raho, d’être élue député (2007/2012)

En 2012 rabiboché avec le PS,  Pierre Aylagas à remporté la circonscription, mais a de fait transformé sa ville d’Argelés sur Mer en plate forme économique et administrative qui enfonce CERET dans les souvenirs d’un passé glorieux, et d’un présent qui s’étiole au fil des ans.

CERET, la porte du  Vallespir est aujourd’hui en deuil de député (il est à Argelés) et de Conseiller général (Il est à St Jean Pla de Corts)

CERET conserve encore la sous préfecture, mais pour combien de temps ?  Une prochaine réforme, sans doute imparable,  lui fera perdre ce maillon administratif.  La population stagne, alors que dans le département sa croissance est forte .  Céret a déjà perdu (même si c’est logique) le Lycée desservant la vallée jusqu’à Argelés.   Depuis cette année Argelés a son propre lycée.   L’économie souffre et l’agriculture en fait de même.  Le tourisme auquel  le département est incapable de donner l’impulsion nécessaire qui permettrait à l’arrière pays de profiter du souffle de la manne touristique, se borne au tourisme côtier.    CERET souffre d’un manque de réflexion territoriale, que la majorité du Conseil Départemental est incapable d’avoir.

Blason de CéretAlors,  le conseil municipal actuel se bat certes, mais dans le cadre étroit de la commune,  le problème de Céret est bien plus d’organisation territoriale départementale que simplement local. Une conception, une vision d’ensemble, et un dynamisme hors du commun  sont indispensables pour ranimer la ville.  Le Musée vieillissant est maintenant excentré dans le cadre touristique départemental, et  la féria d’été et les arènes ne suffisent pas à réveiller par des ‘Olé’ enflammés la belle endormie.

Il est à remarquer que le blason de CERET porte deux clés

Il y en aura t’il une qui lui ouvre la porte de l’avenir ?

 

 

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