Ils croient regarder la Lune …………. Ils ne voient pas le Croissant Turc

En France certains lieux publics sont encore équipés de toilettes dites « à la Turque ».  Leur particularité n’est pas seulement d’imposer un inconfort dans ce moment délicat, mais elle est caractérisée par l’immanquable inondation des semelles lors de la libération de la chasse d’eau.

Ces deux phénomènes inconfort et inondation se reproduisent face a ce grand Pays aux mains de ce que l’on peut clairement appeler aujourd’hui un « dictateur ».

Que reste t’il de la Turquie qu’avait réussi à créer Mustafa Kemal Atatürk en 1923 sur les ruines du génocidaire empire Ottoman, était devenu un pays démocratique Laïque et constitutionnel, exemplaire de l’évolution sociétale moderne dans ce moyen orient hyper compliqué.  Sa stabilité et son essor économique lui permettaient de participer aux grandes organisations Européennes de coopération : l’OTAN, l’OCDE, l’OSCE, le Conseil de l’Europe.  Depuis 1963 sa candidature à l’entrée dans la CEE, devenue l’Union Européenne, était posée, examinée, et faisait l’objet d’un suivi commun et plutôt bienveillant des conditions nécessaires pour aboutir.

Traiter à la turque !

erdoganCette locution traiter à la turque est apparue dés le XVII eme siècle cette reformulation sémantique exprimait le trait de cruauté naturelle censé caractériser les Turcs.  Cette caractéristique a été justifiée plus tard . Entre 1894 et 1896 le sultan Abdülhamid II ordonne de massacrer les ‘Hamidiens’ soit déjà 200.000 victimes arméniennes.  Rebelote entre 1915 et 1917 ou le pouvoir Turc met en place et organise le génocide arménien qui coûte la vie, selon la majorité des historiens, à 1,2 million d’Arméniens d’Anatolie.  La défaite des Turcs alliés au Allemands lors de la guerre de 1914/18 instaure par le traité de Sévres (10/08/1920) partage l’ Empire Ottoman et prévoit la création du Kurdistan et d’une Arménie indépendants.   Mustapha Kemal Atatürk ayant accédé au pouvoir initie une « guerre républicaine » destinée à récupérer une grande partie des territoires perdus par le traité de Sèvres. Le 24/07/1923 le traité de Lausanne annule le traité de Sèvres et  réattribue toute l’Anatolie et la Thrace orientale à la Turquie. Le 29 octobre 1923, la fin de l’Empire ottoman débouche officiellement sur l’indépendance de la Turquie.

La révolution Kemaliste de 1923

Dés l’indépendance de l’Etat Turc prononcée par l’Assemblée Nationale, la république Turque est créée ayant a sa tête le Président  Mustapha Kemal.  Il organise rapidement et profondément le changement du Pays.  Ankara devient capitale au détriment d’Istambul.  L’ancien Califat Ottoman est aboli, et les 144 membres de la famille impériale ( Dynastie ottomane) sont déchus de leur nationalité et expulsés du pays. En 1924 la nouvelle constitution est adoptée. En 1926 ce sont les codes civil et pénal qui sont adoptés, la polygamie est interdite, le mariage civil est instauré comme seul type de mariage reconnu par l’État.  En 1928, l’ Alphabet latin est adopté. L’école primaire devient gratuite et obligatoire. La référence à l’islam comme religion officielle dans la constitution est supprimée. En 1930 les femmes turques obtiennent le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales, et aux élections législatives en 1934. (En France elle ne l’auront qu’en 1944)

En 1932, l’appel à la prière, du haut des minarets, est fait en Turc au remplacement de l’arabe. En 1950 le retour a l’arabe a été accordé. Porter l’habit religieux en dehors des lieux de culte est interdit. En 1934 une loi oblige les Turcs à prendre des noms de famille.  En 1935 le dimanche est adopté comme jour de repos hebdomadaire en remplacement du vendredi. En 1937 un amendement constitutionnel, spécifie clairement que la Turquie est officiellement définie comme un État laïc.

Cette révolution Laïque s’est fait dés 1920 avec le soutien des groupes multi-ethniques et multi-confessionnels qui composaient la population du territoire Turc. Ont grandement participé a cette ‘révolution’ amenant la république Turque les communautés non sunnites comme les Alevi Bektashi et non Turquecomme les Lazes et les Kurdes.

Les Kurdes ont très vite fait savoir leur désir de territoire indépendant, rappelant le découpage du traité de Sévres en 1920.  Déjà en 1925 le Cheikh Saïd mène une  révolte kurde, soutenue par les Britanniques, mais vite réprimée par Ankara. En 1938 environ 40 000 kurdophones de confession Alévie sont tués dans le massacre de Dersim.

Le 10 novembre 1938 Mustafa Kemal Atatürk meurt. Le patient architecte de la Turquie modernisée s’est éteint et c’est  İsmet İnönü que le parlement désigne comme successeur.  Arrivent ensuite les douloureux événements de la seconde guerre mondiale. En 1941 la Turquie signe un pacte de non agression avec le III Reich, puis s’engage contre elle en 1945, seulement deux mois avant la capitulation de celle-ci.

Depuis 1945 on assiste au progressif abandon des principes de laïcité qu’avait su imposer Mustapha Kemal, et au retour graduel des forces religieuses qui peu à peu réinvestissent l’espace public. Jusqu’ici seule l’armée Turque, par les coups d’État successifs du 27 mai 1960,  du 12 mars 1971,  su12 décembre 1980, et  du 28 février 1997, s’est posée comme rempart et gardienne des valeurs kémalistes, ultime garante des principes fondateurs de la république.

Le multipartisme voit s’éclore et prospérer la nébuleuse religieuse islamiste. En 1966 le Parti de la Justice voit apparaître en son sein une fraction de députés islamistes et de militants politiques réclamant une politique beaucoup plus orienté vers l’islam. En 1969 la Turquie adhère à l’Organisation de la coopération islamique, alors que sous Mustapha Kemal, la Turquie avait quitté la conférence de la Mecque en 1926, estimant que sa participation à une conférence islamique était contraire à son esprit laïque.

Apparition d’Erdogan

En  1994, les élections municipales sont massivement remportées par les islamistes du Parti de la Prospérité (créé en 19883).  Recep Tayyip Erdoğan devient  alors le premier maire islamiste d’Istanbul. 

En 1995, les élections législatives ont lieu, le parti islamiste Refah sort vainqueur. En juillet 1996, un gouvernement islamiste du chef de Necmettin Erbakan est mis en place. Il est poussé à démissionner 11 mois plus tard, en juin 19997, sous la pression de l’armée et de la société civile.

En 2002 l’ AKP,  Parti de la justice et du développement (en turc : Adalet ve Kalkınma Partisi) accède au pouvoir sous le voile discret d’un parti de centre droit liant le libéralisme constitutionnel et économique avec les valeurs traditionnelles de l’islam sunnite.  Le Premier Ministre nommé par le parlement est Recep Tayyip Erdoğan.

En juillet 2007 aux élections législatives anticipées, l’AKP obtient 46,7 % des voix. Recep Tayyip Erdoğan conserve le poste de premier ministre. En Aout 2007  Abdullah Güest élu onzième président de la République grâce à la majorité parlementaire de l’AKP,  en octobr2007, un amendement constitutionnel obtenu par référendum, stipule que le président de la République sera désormais élu au suffrage universel.

A partir de 2009 Erdogan  entame une politique beaucoup plus favorable à l’islam, autorisation du voile dans l’administration, restriction de la consommation d’alcool, fin de la mixité à l’école, etc.   En 2011  le Parti de la justice et du développement (AKP) d’ Erdogan remporte les élections législatives. Le 10 Aout 2014 Recep Tayyip Erdoğaest élu au suffrage universel douzième président de la République Turque.

La Dictature d’Erdogan en 2016

Depuis son accession à la Présidence il s’est passé de bien étranges événements !

Le 1juillet 2016, une bien ‘bizarre’  tentative de coup d’étamilitaire ‘menace’ le pouvoir d’Erdoğan.  Cette ‘tentative, vite avortée ou éteinte (selon les versions) a fait au moins 290 morts dont 104 putschistes abattus, et plus de 1440 blessés. Le fait important c’est que l’état d’urgence a été proclamé, et il permet bien de choses, dont ne semble pas se priver Erdogan. Arrestations massives de 32 000 personnes et le licenciement de 93 000 fonctionnaires. Ce bizarre « putsch raté » sert de prétexte à Erdogan pour mener une vaste opération de nettoyage. Le pouvoir turc plonge dans une dérive autoritaire sans précédent. La République se mue en Dictature. Sous les yeux d’une Europe qui s’est montré extrêmement naïve avec Erdogan et les partis Islamistes se crée un Sultanat.  La férule actuelle tient sous une chape de plomb une vrai majorité de Turcs qui ne veulent ni de Putch, ni de Sultanat.  Qu’adviendra t’il d’eux dans cette dictature Islamiste qui semble s’installer ?

Une chose est sure, la forte minorité Kurde qui peuple une partie de la Turquie, n’a évidemment plus aucune illusion a se faire. Elle qui a combattu armes a la main toutes les dictatures de la région, Califes, Ayatollahs ou dictateurs, sait clairement aujourd’hui que leur seule voie pour exister en tant que peuple, c’est que ses Peshmergas se battent pour obtenir ce droit a avoir un pays, jadis reconnu en 1920 lors du traité de Sévres. Ensuite ils ont été abandonnés seuls face à leurs bourreaux, au gré des alliances passées par les nations Européennes.  Leur cause restera une épine plantée dans toute résolution des conflits qui ruinent cette région, et des immanquables  soubresauts a venir de la dictature Turque.

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