ENVIE et BESOIN : les 2 moteurs des Grandes Surfaces s’essouflent

consoJusqu’aux années 1970, c’est à dire avant l’arrivée de la ‘Grande Distribution’ le commerce était totalement sérié entre type de produits.

Tous les commerçants étaient de proximité : Les Epiceries, Les Drogueries, Le Boucher, Le Boulanger, Le Fromager, Le Poissonnier, Les Vêtements, Les Chaussures, l’Electro-ménager, le mobilier, le bazar, Le pompiste, le garagiste, le bijoutier,  etc etc etc

Chaque achat dans chaque module commercial séparé correspondait à la satisfaction d’un besoin réfléchi qu’il soit quotidien, hebdomadaire, ou informel.

Les commerces et les marchés avaient tous une clientèle fidélisée par leur qualité de service, d’accueil et de produits.  Le lien social se faisait naturellement avec des commerçants qui connaissaient quasi intimement leur clients voisins de quartier ou de village.

Que s’est il passé en 1970 pour changer de monde commercial ?

Le « commerçant » a été remplacé par le « distributeur » !

La grande distribution a su regrouper tous ces commerces sous un même toit (un hangar) au milieu de nulle part et d’un grand parking, afin de profiter du fatal phénomène d’envie que produit la tentation due à l’exposition de produits dont vous n’avez pas besoin, lors de votre visite pour accomplir un achat de nécessité.    Bien sur le besoin quotidien étant l’alimentaire, cette grande distribution a tout d’abord regroupé l’ensemble de l’épicerie, au fond du magasin opposé à l’entrée de sa ‘grande surface’, afin de vous soumettre aux tentations lors de votre périple de chalandise.

Attirer par l’achat de ‘besoin’ pour vendre l’ achat ‘d’envie’

Pour accéder à ces achats de ‘besoin’ à prix tentants, le chaland consommateur doit traverser les immanquables et immenses rayons des produits liés a l’envie, dont l’achat éventuel n’était pas la raison de la visite du magasin. Bien exposés, attirants, flatteurs, ces produits déclenchent bien sur des achats d’envie, que permettait l’éclosion a la même époque du crédit à la consommation et de la carte de paiement par crédit différé.  Achetez l’envie aujourd’hui, vous la paierez demain.  C’est ce qui a été le support de la folie commerciale, mais aussi du sur endettement qui est arrivé a son apogée aujourd’hui.

Ce système a tout broyé au passage, les petits commerces de proximité, liés aux achats de besoin, ont disparu rapidement et inexorablement. Feu l’épicier, le fromager, le poissonnier, le caviste, etc.  Leur ventes ne résidaient plus que dans l’oubli de l’achat au supermarché.  Le pompiste lui même a subi le même sort. Le client allant au ‘super’ en voiture remplir le coffre de marchandises pour la semaine, y faisait également le plein du réservoir a bon compte.

Démarré dans les années 1970, ce système commercial est arrivé a son apogée en 2000. Depuis, il cherche une issue aux deux phénomènes qui le frappent.

1°) l’effet cumulé de facteurs nationaux : La crise, le chômage, le pouvoir d’achat.  Mais aussi les phénomènes de sur-concurrence dus à leur prolifération incontrôlée.

2°) l’effet terrible et conjugué de la mondialisation et du progrès technologique, qui permet avec internet de se servir à l’autre bout du monde, dans un supermarché mondial et virtuel, et d’être livré a domicile rapidement.

Aujourd’hui, l’achat de besoin est séparé de l’achat d’envie

La grande distribution est aujourd’hui sur le défensive.

Les premiers effets sur la ‘Grande Distribution’ sont apparus il y a 5 ans.  Afin de conserver le volume des achats de besoin, elle a inventé les ‘DRIVE’  Ce mot magique grâce auquel le client concentre l’achat des produits de la contrainte nourricière du quotidien. Ce sont majoritairement les produits alimentaire et de petit entretien.   Le ‘DRIVE’ ne fait pas prospérer le supermarché, il lui permet seulement de conserver ce type de ventes.   Néanmoins ne venant pas à l’intérieur du magasin le client n’est plus attiré par l’achat d’envie.  Cela explique alors les efforts publicitaires colossaux et les offres promotionnelles multipliées, concentrées sur cette gamme de produits, qui représente la meilleure marge et le gros du chiffre d’affaire.

Autre réaction a cet achat de besoin séparé,  certaines enseignes, implantent a qui mieux mieux des surfaces de taille raisonnables 200 à 500 mètres dans les centre villes ou d’agglomération.  Ce faisant l’enseigne se rapproche du client, alors que jusqu’ici c’était le client qui cavalait jusqu’au fond des zones de périphérie.

Les livraisons a domicile sont la deuxième phase du ‘DRIVE’ .  La livraison est la preuve que le combat est intense, et que la défense des parts de marchés acquises est un facteur crucial.

Plus révélateur encore, aujourd’hui ce sont les grandes enseignes qui portent les recours en Commission Nationale Aménagement Commercial, lorsqu’un concurrent obtient l’agrément d’implantation sur un site proche auprès de la commission départementale (toujours très facile à obtenir).  Ce fait montre la fin de la confraternité entre enseignes qui se partagent le gâteau consumériste. La guerre entre distributeurs est aigue et cela ne pourra que s’aggraver.  Des morts d’enseignes sont à prévoir.

L’avenir radieux des ventes par internet, et l’arrivée prochaine des géants mondiaux de la distribution Amazon et autres ouvre d’autres lourds nuages noirs sur le phénomène ‘grande Distribution’ qui a pendant 50 ans prospéré en ravageant le tissu traditionnel du commerce urbain, causé des dégâts immenses en terme d’emplois, laminé nombre d’activités artisanales et commerciales qui faisaient vivre les villages, modifié la structure urbanistique des villes, etc etc.

La grande distribution est en déclin … »Chut » … ne le dites pas fort.  …  Elle le sait mais ne souhaite pas que cela se sache.

Et Perpignan dans ce mouvement ?

Perpignan a la double caractéristique, d’être la capitale d’un département leader Français du nombre de M2 de grandes surfaces par habitant.  Dans une France elle même leader dans le monde.  La ville peut donc revendiquer ce titre mondial.  Tous les villages des Pyrénées Orientales sont ‘infectés’ par ce mal de la grande distribution qui y a remplace bon nombre de commerces et de marchés de centre, contribuant a la vie des communes, par l’implantation d’hangars commerciaux impersonnels en périphérie.

La ville et le Département sont à ce point ‘infectés’ par ce phénomène, que la bascule vers un monde commercial nouveau sera sans doute plus longue a y être ressentie, mais elle est en cours et irrémédiable.

Jetez un œil dans les zones géantes du commerce de hangar qui encerclent Perpignan.

La zone de Claira voit un ‘turn over’ considérable. Combien de boutiques fermées et de locaux inoccupés ?  Un cimetière commercial en préparation.

La zone route de Canet qui a vu dernièrement s’installer une soi disant ‘pépite‘ commerciale sous le nom présomptueux de « Carré d’Or » voit rapidement son orthographe se modifier en « Carré dort »  Un roupillon qui risque de couter cher.

Comme ces deux exemples il n’y a qu’a observer, pour constater que ce type de commerce, est en phase descendante.  Nombre de centres commerciaux sont en souffrance visible. Certes la disparition de ce type de commerce n’est pas pour demain, mais son heure de gloire est passée.

Un espoir pour le commerce traditionnel spécialisé de cœur de ville et villages. Il faudra que les commerçants ne soient pas que des ‘vendeurs’ mais d’excellents conseils, de vrais professionnels.   Avec patience, et à condition que la rénovation et l’ embellissement des cœurs de ville, redonne le gout à une population qui la déserté en habitat, de revenir y acheter.  Les agglomérations dont les élus considéreront les commerçants de centre ville, non plus en simples acteurs économiques, mais comme de réels acteurs sociaux indispensables à la vie du tissu urbain, ces communes auront certainement un temps d’avance dans cet irrémédiable transformation sociétale et commerciale qui se profile.

Les urbanistes doivent se préparer à remplacer les tôles des zones commerciales par des zones résidentielles, en leur donnant un attrait de qualité de vie, inversement proportionnel a l’image commerciale qu’elles avaient dans leur première occupation.  La qualité et non le prix obtenu par la masse.

Un monde commercial nouveau va éclore.  Aux commerçants de s’y préparer.  Aux élus d’en assurer la possible et harmonieuse éclosion.

conso

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s