Universités: Et alors ! On fait quoi ?

 Quelques 87 000 jeunes des 641 000 bacheliers de cette année sont encore sans affection.  Tout est dit dans ce constat. Il parait que c’est la faute au système APB.

Dans une France ou par choix politique de ces dernières décennies, tout le monde à son Bac, l’ entrée en fac est toujours automatique une fois le passe partout qu’est devenu le Bac en poche.   La sélection étant philosophiquement  ‘interdite’ le choix personnel prévaut, et les néo bacheliers cochent en moyenne 6,6 cases de choix sur les douze qui leur sont proposées. Ils diminuent d’autant leurs chances, et se retrouvent alors orientés de façon aléatoire, très rarement sur leur 1er choix.

Tout cela est géré par le mystérieux système APB  (Admission Post Bac), une plateforme informatique mise en place depuis 2008 pour gérer les inscriptions en faculté .  Certains disent un système mystérieux d’admission et d’orientation en ligne, qui organise cela sous la gestion d’un algorithme contesté.  Au bout du bout de ce système APB il reste les « laissés pour compte » .  En parallèle pour certaines filières les plus demandées on assiste à la mise en pratique du « Tirage au sort » une façon peu glorieuse d’avouer qu’on ne forme pas les ‘meilleurs’ étudiants, mais ceux qui ont de la chance.   Depuis des lustres la France universitaire refuse d’accepter ce que tous les autres grands pays pratiquent et qui chez nous est encore tabou : « l’instauration d’une sélection à l’entrée« .      L’hypocrisie est totale, car pour les filières d’élite (les classes préparatoires aux grandes écoles) il est déjà pratiqué un écrémage drastique.

La sélection s’imposera par la force des choses et ce malgré les arguments d’opposition stupide qui lui sont opposées.  Mais il faut aussi aller jusqu’au bout de la réforme, et instaurer également un réel système d’orientation, tenant compte des capacités de chacun et des débouchés professionnels existant réellement.  Il est inutile de continuer a former des bataillons de professions artistiques, juridiques ou psychologiques, et parallèlement manquer dramatiquement de diplômés dans les filières scientifiques et technologiques.  Dans ce contexte, il faut avoir une vision globale, permettant en amont, dés le secondaire une reconsidération valorisante des filières technologiques et professionnelles.

Pour encore plus compliquer le système, il faut également tenir compte des échecs cuisants de certains cursus dés la 1ere année.  Laissés totalement libres de leur choix, certains bacheliers continuent à s’engager dans des filières pour lesquelles ils ne sont pas armés.   Résultat logique, ils échouent.   Cet échec touche 65 % d’étudiants qui n’arrivent pas en licence.  En médecine, 85 % des étudiants sont recalés en première année.  Tous ces étudiants recalés de la 1ere année sont donc réorientés et leur nombre s’ajoute aux nouveaux bacheliers arrivants, ce qui embouteille encore un peu plus un système qui ne veut pas considérer par orgueil et aveuglement qu’il est à bout de souffle.

On constate un manque d’engouement pour certaines filières pourtant porteuses de réels débouchés professionnels, tels l’électronique, l’informatique.  Paradoxalement par ailleurs c’est l’embouteillage sur d’autres filières telles Sport (sport),  psychologie, et les formations linguistiques, ainsi que sur les formations des métiers para-artistiques, tels le design, le graphisme, qui sont toutes totalement surbookées, et sans réels débouchés professionnels assurés.  Une palette colossale de formations distillées ne débouchent pas sur la demande du marché de l’emploi.  Nous avons donc des étudiants diplômés d’un diplôme leur ouvrant grandement les portes de Pôle Emploi, ou d’une reconversion immédiate. Dans les deux cas c’est ni valorisant, ni profitable, mais extrêmement couteux et improductif.

Un autre problème que l’on ne veut pas voir par lâcheté politique réside dans le manque d’attractivité de certaines petites facultés situées le plus souvent dans des villes moyennes. Les étudiants leur préfèrent le plus souvent celle des grandes métropoles régionales, plus émancipatrices et ayant une réputation plus valorisante.

Tout ce cocktail de bonnes raisons, connues depuis longtemps, mais cachées sous le tapis par choix politique, contribuent à l’état des universités Françaises, et au décalage énorme entre les formations qui y sont données, et les demandes du marché du travail et de l’emploi qui ne trouve pas dans ce système pourtant très couteux du monde universitaire Français, les techniciens et cadres dont elle a besoin pour les métiers et l’industrie de demain. Plus complexe encore la vraie question est tout simplement :  » l’université est elle prête à s’adapter aux réalités de la société moderne ».

Alors …. On fait quoi ?       Certains « éminents » universitaires répondent simplement, mais avec le goût inné et irresponsable du théorique qui leur est coutumier , « La faculté n’a pas vocation à former les métiers de demain » .  Pour eux l’université n’est qu’un fournisseur de culture.  Peu importe a qui, et laquelle, la finalité c’est la culture personnelle.  Une sorte d’agriculteur qui sème simplement pour le plaisir de voir pousser, sans considérer si le sol est propice et si la graine semée correspond aux besoins du marché.

Faudra peut être un jour avoir le courage de mettre face a face ces deux conceptions universitaires, une strictement intellectuelle, détachée de toute contrainte professionnelle et sociale,    l’autre pragmatique, concrète, estimant que l’université doit anticiper les évolutions technologiques et préparer les jeunes diplômés aux métiers de demain.    Le système actuel est couteux, improductif, hors réalité économique, hors légalité, on peut même le considérer comme un frein de la société, la volonté politique de véritablement transformer le pays affichée par le nouveau gouvernement doit prendre a bras le corps ce problème, et cesser de considérer que la sélection et l’orientation sont des mots ‘tabou’ à l’université, ils font pourtant depuis toujours partie de la vie sociale, professionnelle et même sportive des Français tout au long de leur vie.

Certains pays ont réussi cela, la France pas encore.

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s