Putain de ‘moustiques’ : Le vécu estival doit servir de leçon cet hiver

Et oui les moustiques sont la, et même bien la !  Ces petites bestioles dont seules les femelles se nourrissent de notre sang, profitent de l’été et de nos tenues découvertes pour faire leur festin sur notre peau.  Ce petit animal qui a une durée de vie de la même longueur que nos vacances estivales, 30 jours, vit et prospère à notre détriment.  Leur adaptation régionale est parfaite, il en existe dans le monde 3546 espèces et 111 genres recensées par les scientifiques . Ces animaux microscopiques et sauvages ont totalement colonisé les 5 continents. Le Monde leur appartient et ils n’ont peur de personne. Dans l’hémisphère Sud, l’Organisation Mondiale de la Santé accuse ce misérable animal d’être à l’origine de 700.000 morts par an, en tant qu’agent pathogène, principal transmetteur d’épidémies.

Un pur génie Français Jean De la Fontaine, décrivait en 1668, il y a déjà 349 ans la férocité et l’hardiesse des mœurs de ce petit animal qui ne craint personne.

En 1668, Jean De la Fontaine, certainement le plus fin politique Français, puisque le plus observateur de la société, éditait la fable intitulée « Le Lion et le Moucheron« .

Certes l’idée de l’auteur était de décrire l’étrange paradoxe d’abattre des puissants et d’être à son tour abattu par un aussi petit que soi.  La morale en fin du récit est très explicite. Mais cette fable, écrite par le poète emploie pour décrire ce ‘paradoxe’ le récit d’un combat inégal entre un Lion et un moucheron (moustic).   Ce combat d’apparence inégal est  gagné par celui ci, lequel en toute fin bien qu’étant sorti vainqueur du grand  Lion,  est tout bêtement terrassé par une misérable toile d’araignée.

  LE LION ET LE MOUCHERON 

Va-t-en, chétif Insecte, excrément de la terre.
C’est en ces mots que le Lion
Parlait un jour au Moucheron.
L’autre lui déclara la guerre.
Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi
Me fasse peur ni me soucie  ?
Un Bœuf est plus puissant que toi,
 Je le mène à ma fantaisie.
À peine il achevait ces mots
Que lui-même il sonna la charge,
Fut le Trompette et le Héros.
Dans l’abord  il se met au large,
Puis prend son temps  , fond sur le cou
Du Lion, qu’il rend presque fou.
Le Quadrupède écume, et son œil étincelle ;
Il rugit, on se cache, on tremble à l’environ ;
Et cette alarme universelle
Est l’ouvrage d’un Moucheron.
Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle,
Tantôt pique l’échine, et tantôt le museau,
Tantôt entre au fond du naseau.
La rage alors se trouve à son faîte montée.
L’invisible ennemi triomphe, et rit de voir
Qu’il n’est griffe ni dent en la bête irritée
Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
Le malheureux Lion se déchire lui-même,
Fait résonner sa queue à l’entour de ses flancs,
Bat l’air qui n’en peut mais , et sa fureur extrême
Le fatigue, l’abat ; le voilà sur les dents.
L’Insecte du combat se retire avec gloire :
Comme il sonna la charge, il sonne la victoire,
Va partout l’annoncer, et rencontre en chemin
L’embuscade d’une Araignée :
Il y rencontre aussi sa fin.
 Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J’en vois deux, dont l’une est qu’entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L’autre, qu’aux grands périls tel a pu se soustraire,
Qui périt pour la moindre affaire.

Alors cet été, essayez d’éviter le combat avec cet animal aussi petit que sournois, et assurément plus fort que vous (surtout les femelles) il vaincra à coup sur, et le Lion qui sommeille en vous, perdra la face devant ce minuscule adversaire.  Si vous l’entendez vibrer, vrombir, vous railler et bourdonner de fierté à vos oreilles après vous avoir torturé de son dard acéré,  feignez l’indifférence, n’exprimez pas la douleur qu’il vous a provoqué, cette bestiole en serait trop fière.  Sachez que quelque part, cachée dans un recoin un peu plus sombre, une araignée veille et vous vengera.

Jean De la Fontaine a bien raison, et il est sage, pendant le temps libre de vos vacances, de relire ses contes et fables, appris beaucoup trop tôt dans les petites classes, ou on n’y apporte pas l’expérience du vécu en confrontation au réalisme du récit ..  On y trouve tout ce qui régit les relations sociales et politiques, condensé dans de charmants récits d’apparence anodins mais d’une subtilité et d’une finesse qui à chaque relecture trouve des angles nouveaux et des explications rationnelles aux questions et aux situations qui hantent nos vie.

Bonne vacances,  évitez les Moustiques,  et surtout,   relisez Jean De la Fontaine.

 

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