Les ‘Mendiants’ interdits au Royaume du Danemark

Shakespeare faisait dire en 1603 à Hamlet  une réplique devenue proverbiale « Something is rotten in the state of Denmark ». Ce qui traduit en Français par  « Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark » .

L’Europe n’existait pas alors comme Union Européenne, et la Grande Bretagne était plus que jamais une ile dont le continent était isolé.  C’est à ces caractéristiques que l’on peut jauger l’anticipation de jugement que fait porter Shakespeare à Hamlet, en spécifiant une particularité nauséabonde dans le royaume Scandinave.

Depuis 1603 date de la publication de Hamlet, la Grande Bretagne a essayé de s’ Européaniser de 1973 jusqu’au Brexit, puis elle est retombé dans son insularité qu’elle considère comme indispensable à ses nombreuses particularités. N’est elle pas le pays ou on roule à gauche, ou le mètre linéaire n’est pas reconnu, ou le système décimal n’existe pas, ou le thé se boit chaud à five o clock, et qui encore aujourd’hui vit sous le règne d’une reine dont les chapeaux feraient crier d’horreur le moindre défilé de mode punkie sur le continent.

Bref la Grande Bretagne est moins grande mais toujours aussi Bretagne, et elle a toujours dans sa culture l’immense talent de Shakespeare.   Mais que s’est il passé récemment au Danemark qui justifie ce long parallèle entre Shakespeare, la Grande Bretagne, Hamlet et le Danemark, qui lui aussi est tout comme l’Angleterre un royaume.

Le parlement de Copenhague vient de voter fin juin une loi en urgence.  Cette loi punit la mendicité de deux semaines de prison ferme.

Il ne faut pas se cacher derrière de faux semblants, la ‘clientèle’ visée par cette loi est très majoritairement composée des ‘gens du voyage’ venus des pays européens de l’Est. Les Roms de Roumanie étant particulièrement nombreux à pratiquer la mendicité à Copenhague.

Voila ce que certains appelleront  un petit coup de canif, d’autres diront même un gros coup d’épée,  donné à la légendaire réputation de générosité et de tolérance du Danemark.

Il est incontestable que l’Europe dans sa globalité se voit aux prises avec les facilités de circulation qu’a permis l’Union au sein des frontières de ses 28 pays membres. Chaque pays essaie à sa façon de trouver des parades aux circulations d’opportunité qui permettent l’exportation de la mendicité ambulante des pays très pauvres, vers les pays plus riches.

Que le Danemark, injustement accusé par Shakespeare d’être un royaume ‘pourri’,  en arrive aujourd’hui à prendre de telles décisions,  votées par une large majorité de parlementaires, et en plus en urgence et de façon expresse, démontre que Bruxelles aura certainement à revoir bientôt certaines formes du fonctionnement de l’Europe, faute de quoi d’autres pays qui n’ont même pas eu à subir l’opprobre de Shakespeare arriveront aux mêmes conclusions et ‘remèdes’ inadaptés.

En ce moment l’Europe réfléchit a une régulation normalisation des travailleurs détachés au sein de son périmètre.  Encore faudrait il qu’elle réfléchisse rapidement aussi sur les déplacements non touristiques ni professionnels des mendiants détachés et intra européens.  A moins que la mendicité soit reconnue comme un métier !

Avant de crier bien fort au loup, et à quelque chose qui serait  pourri dans le royaume du Danemark, il est prudent de réviser ce qu’est l’esprit démocratique Danois.

Précisons que le Danemark possède un parlement élu démocratiquement et à la proportionnelle intégrale. Son système politique est basé sur le multipartisme, les partis étant représentés au Parlement à la proportionnelle, les gouvernements danois sont souvent le fruit de coalitions minoritaires soutenues par un ou plusieurs partis, et la politique menée par l’exécutif est le plus généralement  basée sur une culture du consensus.   La constitution Danoise qui a été adoptée en 1849, est  le texte fondateur de la démocratie danoise. La constitution garantit aux citoyens Danois les droits fondamentaux, comme la liberté d’expression et la liberté de réunion, et protège ces droits contre d’éventuelles violations de la part de l’Etat.

Cette décision du parlement Danois, est à la fois lourde de sens, et très interpellatrice pour une Europe qui cherche à se forger une unité plus forte, et qui devra bien un jour reconsidérer l’utopie de l’union absolue des 28 pays membres, en tenant compte des écarts économiques, culturels et sociaux, qui rendent en l’état actuel cette volonté de libre circulation absolue qui permet la migration de la misère, comme une mesure contreproductive pour l’unité Européenne.

Il n’est certainement pas innocent que ce soit au Danemark et au Château d’Elseneur que Shakespeare fasse se poser à Hamlet la terrible question existentielle : Etre, ou ne pas être » .

Sans doute le texte actuel serait précisé en « Etre Européen ou ne pas être Européen »  ……      Vaste question !  avec mille réponses et stratégies possibles.

Y à t’il quelque chose de pourri,  à être ou ne pas être ?

 

 

 

 

 

 

 

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